Depuis longtemps que je pense le faire, mais je le fais jamais. Ce soir, j'ai envie de parler
d'une des seules choses qui me tiens en vie. L'espoir d'entrer à l'Institut de technologie
agroalimentaire de La Pocatière, en techniques équines. C'est le pourquoi je me lève
chaque matin et que je passe au travers de ma journée. J'ai attendu si longtemps après
ça et voilà que je suis si près du but. Ça fait tellement plaisir mais si peur à la fois. Sans
ça, je sais pas si j'aurais continué à me battre avec cette vie que trop souvent je comprends
pas... C'est un espoir tellement grand. Un rêve. La base d'une vie. Parce que ma vie, je la
base vraiment là-dessus. Oui le monde du cheval c'est un monde complexe, et j'ai trop de
respect envers les chevaux pour me lancer tout croche là-dedans. Et j'ai encore moins envie
de partir ma vie tout croche. Alors pourquoi pas mixer études et passion, pour faire d'une
pierre deux coups... J'y pense depuis tellement longtemps. Après avoir lâché l'école en
secondaire 4 j'ai décidé de retourner aux adultes terminer mon secondaire 5, simplement
pour pouvoir entrer au CÉGEP, pour faire ce que j'ai réellement envie de faire de ma vie.
Malgré le fait qu'il y ait que 40 places par année, que 10 dans mon volet, que mon cardio
soit pas super bon et que je ne sois pas capable d'enchaîner plus de deux push-ups en
ligne, je tente ma chance. Parce que, après tout, j'ai toujours été privé de ce que j'aimais
le plus au monde... Alors pourquoi pas moi, maintenant ? Pourquoi pas ratrapper le temps
perdu en allant apprendre tout ce dont je suis passé à côté pendant toutes ces années ?
J'espère juste qu'un des profs, parmis tout ceux qui sont là, croise mon regard, et voit à
quel point c'est ma voie, à quel point je ferais et sacrifierais à peu près n'importe quoi pour
aller étudier avec eux.. À quel point je suis prête à mettre tous les efforts et le temps nécessaire.
Je sais qu'il y en a qui dise que c'est pas de l'école, qu'on a pas besoin d'un diplôme pour
travailler avec les chevaux. Pour le fait que c'est pas de l'école, vous avez raison : passer ces
journées avec les chevaux, c'est pas de l'école pour moi. C'est des semaines d'à peu près
42 heures de cours, ç part les devoirs. Heures qui sont réduites de beaucoup, quand on a
l'impression d'être à l'école que dans nos cours d'anglais, de français et de philo ! Et, après
tout, je vais sortir de là avec un diplôme d'études collégiale, un diplôme en techniques équines,
un diplôme du ministère de l'agriculture, et un diplôme du ministère du sport et du loisir, en plus
d'avoir mon permis d'instructeur / moniteur / entraîneur, avec au moins mon galop 4 en poche.
C'est quoi, si c'est pas un cours ? Chacun sa voie après tout. Personne peut juger là-dessus.
Je sais aussi qu'il y en qui dise que c'est de la folie de me lancer là-dedans, parce que j'aurai
pas de job, que le domaine est pas assez développé au Québec. C'est vrai. Mais avec 10
diplômés par voie par année, pas besoin d'avoir beaucoup de postes à comblé. De plus, le
taux de placement est de presque 100%. Et c'est sûr que savoir faire l'élevage de chevaux,
débourrer des poulains, entraîner des chevaux de compétitions, donner des cours, assister
le vétérinaire et avoir sa base de maréchalerie en même temps, c'est vraiment rien pour se
trouver un travail... Et puis, après tout, ça serait si dramatique que ça que je sois obligé d'avoir
deux jobs au début, après l'école ? Ça serait si dramatique, si ça me permet de me lever chaque
matin en ayant la satisfaction d'avoir fait ce qui me tenait à coeur ? Ça serait si dramatique, si ça
m'a permis de vivre 2 ans et demi de pur bonheur dans ce que j'aime le plus au monde ?